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mercredi 22 mai 2013

Mon père est une saucisse

Dans la famille de Séraphine, je demande le père.
Cet expert-comptable en a sa claque de compter les sous des autres pendant que sa superwoman de femme sillonne la planète pour décrocher des contrats au nom de l'entreprise familiale "Sucre", héritée du patriarche à son départ en retraite. 
Sur un coup de tête, il plaque son ennuyeux boulot pour se lancer dans une nouvelle carrière: comédien.
Et contre toute attente, il décroche quasi immédiatement un rôle, celui d'une saucisse "Knackou" (on ne va pas faire de la pub pour des saucisses en plastoc quand même !).
J'aime autant vous dire que sa femme est loin d'être ravie... Quant à ses trois enfants, ça les fait plutôt marrer au départ, jusqu'à ce que Séraphine soit embrigadée un peu malgré elle dans les délires de son père...


Ce petit roman est vraiment sympathique, plein de folie douce et d'humour.
Agnès de Lestrade est très douée pour pointer avec beaucoup de tendresse les bizarreries des familles en apparence normales.
A savourer sans modération !
Pour les 8-11 ans.
Julie.

"Mon père est une saucisse", Agnès de Lestrade, Dacodac, Le Rouergue

lundi 2 avril 2012

Comment (bien) gérer sa love story

Maxime est de retour! ( pas moi hein le héros!).


Il nous embarque dans une suite du fameux "Comment (bien) rater ses vacances" toujours avec son humour désopilant et décalé. De nouveaux, on y retrouve des références culturelles à foison (principalement musicales), ce qui n'est pas pour me déplaire. Maxime nous emmène donc dans sa "love story" dans laquelle, il y aura quelques rebondissement... En effet, Natacha (son amoureuse) est plus âgée que lui. Lorsqu'elle rencontre les amis de Maxime, cela ne se passe pas ... super bien.

Hormi cette histoire d'amour en toile de fond, l'humour est plus que jamais le principal interêt du livre. Le système de note en bas de page est toujours super efficace (cfr article sur "Comment (bien) rater ses vacances"). Pour rappel, les notes ne sont pas de l'auteur mais bien des remarques humoristiques du narrateur (Maxime pour ceux qui ne suivent pas) et qui s'adressent directement aux lecteurs. Je regrette malgré tout le fait que le roman soit moins accessible que le premier. Non pas à cause de la difficulté du texte mais plutôt par son contenu qui apparait plus mature. En effet, allusions sexuelles, références pointues en musique (y en a vraiment beaucoup), problème de grands ados,... Les plus jeunes qui ont aimé le premier prendront surement du plaisir à lire celui-ci mais je ne le conseillerai pas avant 15-16 ans plutôt que 13 ans. Mis à part ça, "Comment (bien) gérer sa love story" est une petite sucrerie que l'on mange après le repas et on en redemande!

Max.
Commen (bien) gérer sa love story, Anne Percin, édition du Rouergue, à partir de 15-16 ans

dimanche 23 octobre 2011

Le faire ou mourir

Voilà un premier roman exceptionnel.
Je n'ai pas envie de trop en dire, alors voilà le quatrième de couverture:
"Vus de l'extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings... Mais le jour où les skateurs s'en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c'est Samy qui s'est interposé et lui a sauvé la mise. Et c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés, et que l'histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire. C'était la première fois que quelqu'un le touchait avec autant de douceur..."





Claire-Lise Marguier traite dans son roman de sujets que l'on retrouve typiquement dans la littérature adolescente (grande souffrance, recherche d'identité, homosexualité, scarification, solitude...). Mais elle le fait loin des clichés habituels, avec une justesse et une finesse surprenantes. Et c'est là toute la force de ce roman qui bouscule.
Débordant d'une violence psychologique écrasante, on avance dans ce roman en apnée, consterné, ému, on a mal, on ressent la souffrance oppressante de Dam comme si c'était la nôtre, malgré nous. Mais on espère de toutes nos forces l'explosion, quelle qu'elle soit, jusqu'à l'uppercut final qui nous laisse complètement sonné, vidé, et où le titre prend tout son sens.
Une lecture éprouvante, à la beauté sombre et lumineuse à la fois, à découvrir absolument.
Dès 14-15 ans.

Julie.

"Le faire ou mourir" Claire-Lise Marguier, éd Rouergue, coll. Doado

jeudi 18 août 2011

Comment (bien) rater ses vacances?

J'vous l'demande ma bonne dame : comment peut-on rater ses vacances? Il suffit de s'appeler Maxime( non mais copieur!), avoir  17 ans et de décider de laisser ses parents randonner seuls en Corse, là où on ne peut pas les joindre. Ensuite il faut passer ses vacances au Kremlin (trou du cul du monde près de Paris) chez sa grand-mère. Celle-ci décidera ensuite de faire une crise cardiaque... 

Voilà le décor est planté. Maxime se retrouve seul, à nourrir le chat et  parler sur l'Internet. Pas très palpitant me direz-vous? Grosse Énorme Erreur! Le héros s'adresse directement à nous par le biais de ce livre dans lequel il retrace ces fabuleuses vacances. Tout est drôle et succulent : la façon dont il s'adresse à nous avec des notes en bas de pages , des références culturelles à foison,... Tout est assez ironique, désabusé et réfléchi. Une vraie petite merveille, extrêmement facile à lire et en même temps pas bête du tout. J'en redemande!
Sélection Prix Farniente catégorie "une basket"
Max.
Comment (bien) rater ses vacances, éd Rouergue, Anne Percin, à partir de 13 ans

dimanche 12 juin 2011

Le jour où j'ai abandonné mes parents

Karla-Madeleine a 13ans et a hérité d'un prénom impossible et de parents aussi différents que le jour et la nuit.

"Les problèmes ont commencé à ma naissance. Mon père voulait m'appeler Guevara : il trouvait que le nom de ce grand révolutionnaire m'irait parfaitement. Et ma mère, Marie, parce que c'est le prénom de la maman de Jésus, tout simplement. Les premières disputes ont éclaté pile poil au-dessus de mon berceau. Je criais comme un veau ; du coup, ils ont vite viré de bord et tranché pour Karla-Madeleine. Karla pour Karl Marx, ça se comprend tout seul, et Madeleine pour une copine de la mère de Jésus. Là, j'ai cessé de brailler. Comme quoi, j'ai toujours eu mon mot à dire."




Nous allons accompagner cette curieuse famille lors de leurs premières vacances, forcées, dans un camping.
Et Karla-Madeleine compte bien en profiter !
Très chouette petit roman qui nous colle un beau sourire sur les lèvres, plein de fraîcheur.
Dès 10-11 ans.

Julie.

"Le jour où j'ai abandonné mes parents" Agnès de Lestrade, ed. Rouergue, coll. DACODAC

vendredi 5 novembre 2010

Rencontre en gris et bruns.

"Elle est grande, très grande. Avec son long manteau et ses robes amples, on dirait une ogresse. Elle habite la maison avec la cage sur le balcon. Devant chez elle, les enfants pressent le pas car elle fait un peu peur. Et elle a toujours un gros sac plein à craquer: est-ce qu'elle y capture des enfants ?"


Fasciné par une vieille dame, un petit garçon va être tiraillé entre sa peur et sa curiosité. Il l'observe, la guette, mais détale dès qu'elle pose les yeux sur lui. Petit à petit, ces deux là commencent tout doucement à s'apprivoiser pour finalement laisser place à une rencontre hors du commun.
On est happé par la poésie des illustrations, brunes, grises, sombres qui s'illuminent peu à peu et laissent place à quelques touches de couleurs vives. Le texte, est lui aussi empreint de poésie, mais en même temps très rythmé, presque saccadé. De ce mélange étonnant, de cette rencontre surprenante se dégage une profonde délicatesse.
Très très bel album qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui me semble précieux...
Dès 6 ans.

Julie

"La grande dame et le petit garçon" Geert De Kockere (traduit du néerlandais par Daniel Cunin) illustré par Kaatje Vermeire, éd. Le Rouergue

dimanche 24 octobre 2010

"Souviens-toi de la lune" ou Voyage dans les bas-fonds de l'âme humaine.

Le nouveau roman de Stéphane Servant nous emmène tambour battant aux frontières du réel...
 

David, ado rêvant de devenir écrivain, vit à Carrefour, petit bled paumé en pleine Louisiane, au beau milieu des marécages, où se sont donné rendez-vous une poignée d'abîmés de la vie dont son père fait partie. David rêve de fuir cet endroit où bon nombre d'ambitions sont mises à la trappe. Mais depuis quelques mois ont lieu d'étranges disparitions. Parallèlement à l'enquête qu'il va entreprendre avec son ami Paul, David va se lancer à corps perdu dans l'écriture, animé par "la chose" qui prend peu à peu possession de lui. Nous basculons alors dans un univers étrange, mystérieux...
Tour à tour roman, polar, fantastique, ce récit nous embarque à cent à l'heure dans un bayou envoûtant. Impossible de lâcher ce bouquin avant la dernière ligne !
Après son "Guadalquivir" (Scripto, Gallimard) qui m'avait emballée, je ne peux que me réjouir de ce nouveau livre de Stéphane Servant qui est sans conteste un écrivain à suivre...
Dès 15 ans.
                                                                                                                     
Julie

"Souviens-toi de la lune" Stéphane Servant, DoAdo Noir, Le Rouergue