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samedi 11 juin 2011

2 jours pour faire des thunes

2 jours pour faire des thunes est une histoire complètement déjantée !
Micklo, jeune glandeur de 23 ans issu d'un puissant clan de Gitans, se fait dépouiller lors d'une partie de poker clandestine.

"J'avais 200 euros en poche en entrant dans ce maudit cercle de jeu. J'en suis ressorti 15 heures après, avec un début de cirrhose, une moitié de cerveau et une ardoise de 20 000."

C'est dire si il est mal barré ! D'autant que l'homme à qui il doit les 20 000 n'est rien de moins que Mister Goulag, un gros mafieux 100% russe avec tout l'attirail nécessaire à sa condition : hommes de main, tortures en veux-tu en voilà, vodka à gogo, kalach' en pagaille, bref Micklo s'est fourré jusqu'au cou dans une bonne grosse mouise... Comment va-t'il s'en tirer (s'il s'en tire...) ? Vous le saurez en lisant ce roman très cinématographique, plein de rebondissements et au rythme très très très rapide.



J'ai eu un tout petit peu de mal à rentrer dedans au départ. Je m'explique: comme le veut cette collection (que j'aime beaucoup, vous aurez pu le remarquer !), l'écriture est très urbaine. Mais alors très très urbaine dans ce roman là . Beaucoup d'argot (dont la moitié des mots m'étaient inconnus -ça y'est, j'suis déjà has been !- mais dans le contexte, on voit plus ou moins où l'on veut en venir) et beaucoup de verlan, mais alors bien profond le verlan ! Une fois l'acclimatation réalisée, ça passe comme une lettre à la poste. Et je dirais même plus, ça groove à mort ! Le texte est slamé, balancé, il faut juste choper le rythme, et nous voilà embarqué, à 100 à l'heure, dans cette histoire complètement barrée et qui nous prend par surprise plus d'une fois.
Comme je l'ai dit précédemment, c'est un roman très cinématographique, qui emprunte un peu de Snatch par-ci, un peu de Fight Club par là, et puis aussi un peu des Affranchis, bref, de bien belles réjouissances.
Un humour noir, bien grinçant, sombre, avec un Micklo très attachant, que l'on voit sombrer du côté obscur de la force, et qui en est totalement conscient. Les autres personnages sont complètement dingues, cruels, mais tellement drôles !
Voilà, au final me voilà conquise. Alors attrapez ce bouquin et accrochez-vous pour un fameux western urbain, ça envoie du lourd !
Parental Advisory Explicit Lyrics :) 
Dès 15-16 ans.

Julie.

"2 jours pour faire des thunes", Hamid Jemaï, ed. Sarbacane, coll. Exprim'

lundi 14 mars 2011

Commissaire Toumi - Le crime était presque pas fait

Hier, mon amie Claire m'a apporté une BD en me disant "Lis ça, c'est vraiment trop drôle". 
En effet, cette BD est vraiment géniale, Anouk Ricard a un humour que décidemment j'adore !
Nous voici donc plongés au coeur des enquêtes du Commissaire Toumi et de son adjoint Stucky. C'est à mourir de rire, les personnages ont toujours une vanne toute pourrie sous le coude (comme je me sens moins seule !), ils sont un peu bêbêtes, bref, qu'est-ce que j'ai rigolé ! De plus, le décalage entre le dessin, très enfantin, les enquêtes policières et surtout l'humour, pas du tout enfantin pour le coup, donne un rendu qui détonne.
Anouk, je suis fan !!!


Voici les cases du texte repris en quatrième de couverture:


Désolée, la photo est vraiment naze, mais ça vous donne un petit aperçu.
C'était donc une super lecture de dimanche soir pluvieux, qui m'a aussi donné envie de relire les "Anna et Froga".
Merci Claire pour cette découverte qui m'a fait beaucoup rire, je n'en attendais pas moins venant de toi :)
Dès 14-15 ans éventuellement, mais surtout pour adultes.

Julie.

"Commissaire Toumi- Le crime était presque pas fait" Anouk Ricard, ed. Sarbacane

dimanche 27 février 2011

La mort, j'adore ! Saison 2 & Saison 3

En bonne petite goule, j'ai dévoré la suite des aventures de Clémence, Elo, Ronald, Saustre et Cie.
Je ne suis pas une grande lectrice de séries (bien que j'en ai une sous le coude, vous le verrez bientôt), encore moins fantastiques, me farcir 12-13 volumes d'épopées genre "Les chevaliers d'Emeraude", merci bien, très peu pour moi (toutes mes excuses à ceux que ça pourrait froisser).
Mais là, je peux dire que je suis très agréablement surprise, car loin de se répéter, ou de décroître en qualité, les saisons 2 et surtout 3 de "La mort, j'adore !" sont très très bien ficelées.




Alexis Brocas manie avec brio l'art de nous amener là où il le souhaite par des tours de passe-passe habiles qui nous baladent de Paris à Los Angeles, en passant par la Préhistoire ou l'an 2400, sans que l'on s'ennuie une seule seconde. Entre la satire et la parodie, son humour, toujours aussi décapant, m'a fait piquer des fous rires sous les yeux éberlués de mon amoureux qui me regardait comme si j'avais viré foldingue. Par ailleurs, Brocas utilise toujours un mélange curieux de références, qui s'étend de Lady Gaga à Nietzsche, et qui rend son récit plus que détonnant !
Bref, je ne saurai que vous conseiller vivement de vous plonger avec délices dans cette série surprenante, mais attention aux âmes sensibles tout de même ;)

Julie

"La mort, j'adore ! Saisons 2 & 3" Alexis Brocas, ed. Sarbacane, coll. Exprim'

jeudi 24 février 2011

La mort, j'adore ! Saison 1

Clémence, 16 ans, n'a vraiment rien pour elle. Au lycée, on la surnomme "sale truie" et on la poursuit avec des compas pour lui percer ses boutons. Dur, dur ! Mais un soir, alors qu'on l'a invitée à la première soirée de sa vie, elle se prend une cuite monumentale. A la sortie de son coma éthylique, elle se réveille régénérée, originelle, en servante du Malin, une parfaite petite démone. Flanquée d'une zombie bimbo en guise de "goule", de suivante, et d'un sanglier furibard  comme instructeur, sa vie prend un nouveau tour. Vengeance !!! Elle va devoir s'évertuer à servir les forces du Mal aux dépens de ceux qui lui ont pourri la vie jusqu'ici. Dans une interview forcée à un journaliste cloué sur sa chaise par ses soins, le temps d'une nuit, elle va tout nous déballer, dans les moindres détails, pour notre plus grand plaisir !


Ce roman me faisait de l'oeil depuis un petit moment déjà. La troisième saison venant de pointer le bout de son nez, je me suis dit que c'était le moment ou jamais. Et là m'sieur dames, je peux vous dire que je n'ai pas été déçue. Ca détonne !!
Provoc', truffé de références ( musicales, à la Bible, à l'actualité...), poéticogore, rythmé, intelligent, fantasticomarrant, trash mais pas gratuitement, jubilatoire et surtout hilarant, voilà quelques qualificatifs qu'on pourrait lui attribuer en en oubliant  un tas d'autres.
Je suis conquise !
La fin de cette saison est habilement menée, puisqu'après un dénouement qui a failli me faire balancer le bouquin par dépit, la vraie chute ne peut que m'appeler à poursuivre avidement la lecture de cette série pour le moins étonnante. Demain j'embarque les deux suivants, et je peux déjà vous dire que je vais passer un week-end démoniaque ! La suite très prochainement...
Dès 15-16 ans
Julie

"La mort, j'adore ! Saison 1" Alexis Brocas, ed. Sarbacane, coll. Exprim'

mardi 22 février 2011

Boris Vian et moi

L'histoire est celle de Louis et Elsa, comme Aragon et Triolet. Ils ont vingt ans, s'aiment depuis leurs seize ans, mais là où le livre commence, c'est leur histoire qui s'éteint.
Elsa aime Louis d'un amour infini et tente tout pour sauver ce qui n'est plus, ce qui est trop tard. Le jour où on lui propose de classer la bibliothèque de Boris Vian, l'auteur fétiche de Louis, elle voit là l'occasion de se rapprocher de lui à nouveau, de faire revivre leur amour, de le faire renaître. Mais très vite, elle va sombrer dans un entre deux où Louis et Vian se confondent. Elle tombe amoureuse du mort, en se languissant du vivant qui est muré dans un silence insupportable.


C'est bien connu, les histoires d'amour finissent mal, en général. Celle-ci ne fera pas exception. J'ai beaucoup aimé ce livre, intense, pas cucu pour un balle et truffé de références littéraires savoureuses. Je me suis laissée happer par la douleur d'Elsa, sa détresse, sa folie, sa solitude, j'ai ressenti ses papillons dans l'estomac, ce manque cruel de l'être aimé plus que de raison. Le premier amour, celui qui marque au fer rouge, celui qui rend fou, c'est de ça dont il est question ici.
Ce livre est une très belle réussite, d'autant plus que Lou Delachair l'a écrit à 22 ans, impressionnant !
Il donne envie de se balader dans un Paris d'une autre époque, de relire tout Vian, d'aimer à perdre la raison...
Dès 15 ans.

Julie
"Boris Vian et moi", Lou Delachair, ed. Sarbacane, coll. Exprim'