lundi 14 mars 2011

Commissaire Toumi - Le crime était presque pas fait

Hier, mon amie Claire m'a apporté une BD en me disant "Lis ça, c'est vraiment trop drôle". 
En effet, cette BD est vraiment géniale, Anouk Ricard a un humour que décidemment j'adore !
Nous voici donc plongés au coeur des enquêtes du Commissaire Toumi et de son adjoint Stucky. C'est à mourir de rire, les personnages ont toujours une vanne toute pourrie sous le coude (comme je me sens moins seule !), ils sont un peu bêbêtes, bref, qu'est-ce que j'ai rigolé ! De plus, le décalage entre le dessin, très enfantin, les enquêtes policières et surtout l'humour, pas du tout enfantin pour le coup, donne un rendu qui détonne.
Anouk, je suis fan !!!


Voici les cases du texte repris en quatrième de couverture:


Désolée, la photo est vraiment naze, mais ça vous donne un petit aperçu.
C'était donc une super lecture de dimanche soir pluvieux, qui m'a aussi donné envie de relire les "Anna et Froga".
Merci Claire pour cette découverte qui m'a fait beaucoup rire, je n'en attendais pas moins venant de toi :)
Dès 14-15 ans éventuellement, mais surtout pour adultes.

Julie.

"Commissaire Toumi- Le crime était presque pas fait" Anouk Ricard, ed. Sarbacane

vendredi 11 mars 2011

Long week-end

Henry, 13 ans, ado ordinaire, commençant sérieusement à s'intéresser aux filles, vit seul avec sa mère, Adele, une femme très belle, mais vivant quasiment recluse depuis son divorce. Quelques jours avant la rentrée des classes, elle est obligée de conduire Henry acheter des fournitures scolaires au supermarché. C'est en essayant désespérément de feuilleter un Playboy qu' Henry va tomber sur Frank, taulard en cavale venant tout juste de s'évader, blessé, qui lui demande son aide. Adele et Henry l'emmènent donc chez eux. C'est ainsi que débute ce long week-end caniculaire de Labor Day, qui changera radicalement leur vie à tous les trois.


Ce roman offre immédiatement une atmosphère particulière, étouffante, caniculaire mais à la fois fraîche et joyeuse, bien qu'emprunte d'une certaine mélancolie.
Cette rencontre entre ces trois êtres plus ou moins abîmés par la vie leur apporte comme une deuxième chance. L'amour fulgurant, inconditionnel, évident qui lie tout de suite Frank et Adele donne le rythme. Henry est tiraillé par l'affection réciproque qu'il ressent pour Frank, le bonheur de voir sa mère si heureuse et la terreur de la perdre. Ces quelques jours passés tous les trois, comme une vraie famille, seront décisifs. C'est assez étrange, tout va très vite, mais en même temps, on ressent une certaine lenteur, langueur, un espèce de ralenti dû à la chaleur caniculaire de cette fin d'été. On savoure avec eux les petites choses ordinaires de la vie qu'on oublie trop souvent d'apprécier, comme la confection d'une tarte aux  pêches par exemple. Bon ça fait un peu tarte dit comme ça (ahahaha ! désolée, pas pû m'empêcher -sans deuxième mauvais jeu de mots-), mais il n'empêche qu'elle m'a bien fait saliver cette tarte, même que je l'ai sentie dégouliner sur mon menton..
Bref, trêve de plaisanteries douteuses, j'ai passé un bon moment, un peu hors du temps, pas inoubliable, mais une belle lecture quand même avec son petit suspens quant à l'issue de l'histoire.

Julie

"Long week-end" Joyce Maynard, traduit de l'américain par Françoise Adelstain, ed. 10/18

samedi 5 mars 2011

Campus 7 , Ambition

Bon, tout d'abord, je ne vous cache pas que j'ai un peu honte de publier ce billet, mais j'ai pris mon courage à deux mains et décidé d'assumer. Dans le précédent post, je vous parlais d'une série que j'avais sous le coude, la voici donc, de la chick litt pure et dure.
J'ai lu le premier volume par curiosité et intérêt professionnel (!?! on se dédouane comme on peut...) en me disant qu'il fallait bien que j'expérimente ce genre de "littérature". Et je suis tombée dans le panneau. A chaque volume, je me dis "Pourquoi tu perds ton temps à lire ces conneries ?" et chaque fois, au début du livre, "C'est vraiment naze, cette fois c'est sûr, c'est le dernier que je lirai, c'est vraiment trop nul", et chaque fois je replonge, car comme dans les séries TV, ça coupe juste quand ça devient "intéressant" et évidemment, on a envie de connaître la suite. Et là, rebelote, je viens de finir le 7, et une fois de plus, j'ai envie de savoir comment se soldera ce désastre... Honte à moi ! Mais il faut bien avouer que c'est un peu addictif comme truc, comme de la mauvaise came je suppose...


Bon, voilà le topo: Académie d'Easton, état de New York. Cette école de prestige est fréquentée par tous les fils et filles à papa de la côte est. Dans le premier volume, on fait la connaissance de tout ce "gentil" petit monde, ainsi que de Reed Brennan, boursière sortie du fin fond d'un bled bouseux de Pennsylvanie. Ce sera la narratrice de cette série, avec son regard de fille "normale" au milieu de ce monde de privilégiés de luxe. A Easton, le dortoir des filles Billings est la crème de la crème et attise toutes les convoitises. Evidemment, Reed va très rapidement l'intégrer et on se retrouve plongé au coeur de ce réservoir à garces, prêtes à toutes les mesquineries, sournoiseries, cruautés pour contenter leurs intérêts personnels.
Bref, au cours des différents volumes, on voit Reed évoluer dans ce microcosme puant, complètement charmée, fascinée par les pestes les plus puissantes du campus, et bien entendu, elle prend rapidement du galon dans ce dortoir hyper hiérarchisé.
Tous les ingrédients de la chick litt sont réunis : pouvoir, cruauté, ragots, coups bas, sexe (un peu !), séduction, argent, apparence, trahison, vengeance, harcèlement (on va même jusqu'au meurtre).
Voilà, pas grand chose de plus à en dire, les intrigues sont trop tordues pour essayer de les résumer !
Une pure série de pétasse en somme (pardon, mais il n'y a pas d'autre mot !), dans l'esprit Gossip Girl, mais ça fait parfois du bien de se ramollir la cervelle...
En tout cas, je peux garantir que les amatrices du genre en auront pour leur argent !
Dès 14-15 ans
 Julie.






"Campus", Kate Brian, traduit de l'américain par Sidonie Van den Dries, Bayard Jeunesse

dimanche 27 février 2011

La mort, j'adore ! Saison 2 & Saison 3

En bonne petite goule, j'ai dévoré la suite des aventures de Clémence, Elo, Ronald, Saustre et Cie.
Je ne suis pas une grande lectrice de séries (bien que j'en ai une sous le coude, vous le verrez bientôt), encore moins fantastiques, me farcir 12-13 volumes d'épopées genre "Les chevaliers d'Emeraude", merci bien, très peu pour moi (toutes mes excuses à ceux que ça pourrait froisser).
Mais là, je peux dire que je suis très agréablement surprise, car loin de se répéter, ou de décroître en qualité, les saisons 2 et surtout 3 de "La mort, j'adore !" sont très très bien ficelées.




Alexis Brocas manie avec brio l'art de nous amener là où il le souhaite par des tours de passe-passe habiles qui nous baladent de Paris à Los Angeles, en passant par la Préhistoire ou l'an 2400, sans que l'on s'ennuie une seule seconde. Entre la satire et la parodie, son humour, toujours aussi décapant, m'a fait piquer des fous rires sous les yeux éberlués de mon amoureux qui me regardait comme si j'avais viré foldingue. Par ailleurs, Brocas utilise toujours un mélange curieux de références, qui s'étend de Lady Gaga à Nietzsche, et qui rend son récit plus que détonnant !
Bref, je ne saurai que vous conseiller vivement de vous plonger avec délices dans cette série surprenante, mais attention aux âmes sensibles tout de même ;)

Julie

"La mort, j'adore ! Saisons 2 & 3" Alexis Brocas, ed. Sarbacane, coll. Exprim'

jeudi 24 février 2011

La mort, j'adore ! Saison 1

Clémence, 16 ans, n'a vraiment rien pour elle. Au lycée, on la surnomme "sale truie" et on la poursuit avec des compas pour lui percer ses boutons. Dur, dur ! Mais un soir, alors qu'on l'a invitée à la première soirée de sa vie, elle se prend une cuite monumentale. A la sortie de son coma éthylique, elle se réveille régénérée, originelle, en servante du Malin, une parfaite petite démone. Flanquée d'une zombie bimbo en guise de "goule", de suivante, et d'un sanglier furibard  comme instructeur, sa vie prend un nouveau tour. Vengeance !!! Elle va devoir s'évertuer à servir les forces du Mal aux dépens de ceux qui lui ont pourri la vie jusqu'ici. Dans une interview forcée à un journaliste cloué sur sa chaise par ses soins, le temps d'une nuit, elle va tout nous déballer, dans les moindres détails, pour notre plus grand plaisir !


Ce roman me faisait de l'oeil depuis un petit moment déjà. La troisième saison venant de pointer le bout de son nez, je me suis dit que c'était le moment ou jamais. Et là m'sieur dames, je peux vous dire que je n'ai pas été déçue. Ca détonne !!
Provoc', truffé de références ( musicales, à la Bible, à l'actualité...), poéticogore, rythmé, intelligent, fantasticomarrant, trash mais pas gratuitement, jubilatoire et surtout hilarant, voilà quelques qualificatifs qu'on pourrait lui attribuer en en oubliant  un tas d'autres.
Je suis conquise !
La fin de cette saison est habilement menée, puisqu'après un dénouement qui a failli me faire balancer le bouquin par dépit, la vraie chute ne peut que m'appeler à poursuivre avidement la lecture de cette série pour le moins étonnante. Demain j'embarque les deux suivants, et je peux déjà vous dire que je vais passer un week-end démoniaque ! La suite très prochainement...
Dès 15-16 ans
Julie

"La mort, j'adore ! Saison 1" Alexis Brocas, ed. Sarbacane, coll. Exprim'

mardi 22 février 2011

Boris Vian et moi

L'histoire est celle de Louis et Elsa, comme Aragon et Triolet. Ils ont vingt ans, s'aiment depuis leurs seize ans, mais là où le livre commence, c'est leur histoire qui s'éteint.
Elsa aime Louis d'un amour infini et tente tout pour sauver ce qui n'est plus, ce qui est trop tard. Le jour où on lui propose de classer la bibliothèque de Boris Vian, l'auteur fétiche de Louis, elle voit là l'occasion de se rapprocher de lui à nouveau, de faire revivre leur amour, de le faire renaître. Mais très vite, elle va sombrer dans un entre deux où Louis et Vian se confondent. Elle tombe amoureuse du mort, en se languissant du vivant qui est muré dans un silence insupportable.


C'est bien connu, les histoires d'amour finissent mal, en général. Celle-ci ne fera pas exception. J'ai beaucoup aimé ce livre, intense, pas cucu pour un balle et truffé de références littéraires savoureuses. Je me suis laissée happer par la douleur d'Elsa, sa détresse, sa folie, sa solitude, j'ai ressenti ses papillons dans l'estomac, ce manque cruel de l'être aimé plus que de raison. Le premier amour, celui qui marque au fer rouge, celui qui rend fou, c'est de ça dont il est question ici.
Ce livre est une très belle réussite, d'autant plus que Lou Delachair l'a écrit à 22 ans, impressionnant !
Il donne envie de se balader dans un Paris d'une autre époque, de relire tout Vian, d'aimer à perdre la raison...
Dès 15 ans.

Julie
"Boris Vian et moi", Lou Delachair, ed. Sarbacane, coll. Exprim'

lundi 14 février 2011

Marina

"L'ombre du vent"  m'attend dans ma bibliothèque depuis 3 ans et demi (eh oui, quand on a des envies de lecture frénétiques, les livres ont tendance à s'accumuler en attendant patiemment leur heure, qui finit généralement par arriver :), et comme on m'en a toujours dit le plus grand bien, quand "Marina" est arrivé à la librairie, je me suis lancée dans celui-ci (les nouveautés n'attendent pas, n'est-ce pas ? ;), à défaut de l'autre, qui attend toujours.Je ne sais toujours pas vraiment si ce livre m'a plu ou pas. Je pense pouvoir dire sans doute qu'il ne me laissera pas un souvenir impérissable.


L'intrigue fonctionne bien, on est tenu en haleine par une atmosphère morbide, brumeuse, des héroïnes à la beauté diaphane, et une amitié ambigüe entre Oscar et Marina, deux adolescents un peu marginaux, solitaires, qui vivent dans une réalité propre à eux, unique.Ils sont à la recherche d'une vérité inquiétante qui les entraînera sur les chemins d'une enquête dangereuse.
Mais je ne sais pas, pour moi il manquait quelque chose, sans savoir dire quoi, pour que ce livre me plaise vraiment. En outre, le décor est superbe, Zafón nous balade dans une espèce de Barcelone fantôme, sur des lieux qui appartiennent au passé. C'est assez envôutant. L'écriture est agréable, soignée, et il est très fort dans l'art de raconter Barcelone, de nous plonger dans la ville comme si elle était un être vivant, une âme.
Peut-être que c'est le côté trop paranormal qui m'a rebutée -ou plutôt déçue- en effet, les créatures cruelles, puantes et furtives qui peuplent ce livre ne sont pas vraiment ma tasse de thé. En revanche, je pense que ce livre pourra vraiment plaire aux amateurs du genre.
En conclusion, je pense que c'est plutôt un bon livre, mais pas pour moi. Je lirai par contre "L'ombre du vent" avec plaisir pour retourner me balader dans l'envôutante Barcelone de Zafón.
Dès 13-14 ans.
Julie.

"Marina", Carlos Ruiz Zafón, traduit de l'espagnol par François Maspero, ed. Pocket Jeunesse

vendredi 4 février 2011

Les sorcières de Skelleftestad

Après avoir vérifié 3 fois l'orthographe de Skelleftestad (rebelote !), je vous invite vivement à entrer dans cet univers diabolique,qui, ma foi, est fort réjouissant !
Exit les balais et autres écoles de sorciers, lunettes rondes et romances juvéniles, bienvenue chez de vraies méchantes," moouuwahaha !!!" comme dirait Ben ;)


Dans le premier tome, L'étrange mariage de Nils Swedenborg, Ingrid, une femme belle, hautaine, intelligente, perfide et prédatrice va faire son entrée dans le petit village de Skelleftestad (copié-collé !). Elle semble en chasse et va semer le trouble dans l'esprit des hommes et la fureur dans celui des femmes. Et pour cause, Ingrid est une sorcière, et une dangereusement belle en plus. Alors pourquoi va t-elle choisir d'épouser ce crétin de Nils Swendenborg ? C'est vrai qu'il est beau, mais il est bête comme ses pieds. Ingrid a un plan, un dessein plutôt, qu'elle compte bien accomplir, et c'est diabolique... Moooouuwahaha !
C'est sa fille aînée, Johanna qui nous raconte cette histoire. Le ton est grinçant, drôle et joyeusement subtil.
On retrouve cette curieuse famille aux 16 ans des jeunes sorcières dans Les soeurs Swendenborg, le deuxième tome, pour notre malin plaisir. Johanna, froissée par une pique de sa mère la traitant de "presque humaine" va devoir prouver son talent en accomplissant un puissant sort qu'elle va devoir déterminer elle-même. Une fois de plus ce sera diabolique, et les habitants du village en prendront pour leur grade,  "Hou, hi, hi " comme elles disent. Toujours le même ton, drôle, grinçant, aux petits oignons !
Par contre, pour la happy end, il faudra repasser, ce n'est vraiment pas le genre de la maison Swendenborg, bien trop vulgaire...
Jean-François Chabas sort de son registre habituel pour un ton plus léger mais pas moins intelligent pour autant. C'est vraiment très plaisant ! Je vous invite à découvrir également ses autres textes, et particulièrement Asami le nageur.
Bonnes lectures :) 
Pour les sorcières, dès 13 ans.
Julie

"Les sorcières de Skelleftestad", t.1 L'étrange mariage de Nils Swedenborg  & t.2 Les soeurs Swendenborg , Jean-François Chabas, Ecole des loisirs, coll. Médium

lundi 24 janvier 2011

New York New York, ou Scarlett, le retour

Pour bien commencer, voici un tube made in Sinatra pour accompagner la lecture du billet...





Alors maintenant, laissez-moi vous présenter Scarlett pour ceux qui ne la connaitraient pas encore.
Cette jeune new-yorkaise de 15 ans vit avec sa famille dans l'hôtel Hopewell, tout proche de Central Park. Cet hôtel Art Déco, splendeur en son temps, devient dangereusement décati et ses parents ont de plus en plus de mal à le tenir, n'ayant même plus de personnel.
Scarlett est la troisième des quatre enfants Martin: Spencer, l'aîné, 19 ans, comédien en devenir, Lola, 18 ans, jeune femme d'un calme et d'une gentillesse impressionnants, et Marlène, la petite dernière, 11 ans, rescapée d'un cancer ayant un caractère explosif, profitant légèrement de son statut.




Dans Suite Scarlett, on découvre toute cette joyeuse tribu le temps d'un été, où Scarlett et ses frères et soeurs sont de corvée pour aider leurs parents à faire tourner l'hôtel, alors même que tous les amis de Scarlett sont en vacances en Europe ou ailleurs, au grand désespoir de celle-ci. Mais finalement, en aidant Spencer à monter Hamlet dans la salle à manger de l'hôtel à l'insu de leurs parents et en étant chargée d'une cliente particulièrement farfelue et exigeante, Mrs Amberson, Scarlett va passer un été beaucoup moins morose qu'elle ne l'avait imaginé...
Alors quelle ne fût pas ma surprise, que dis-je, ma joie, quand pas plus tard que vendredi, en ouvrant un carton de livres tout beau tout frais, je suis tombée sur Au secours, Scarlett ! Je ne savais même pas qu'il y avait une suite et mon petit coeur de midinettte a frétillé de bonheur ...
Le livre commence presque pile là où on avait quitté Scarlett, aux derniers jours de l'été. La rentrée arrive, les amis de Scarlett sont de retour et la vie "normale" reprend son cours, le lycée, le "petit boulot" d'assistante de Mrs Amberson, les querelles de famille. Sauf que chez les Martin, rien ne reste longtemps normal et on est rapidement embarqué dans leurs nouvelles aventures trépidantes. En prime, vous aurez droit à de jolies balades dans New York, de l'Empire State Building aux avenues huppées en passant par Broadway et bien sûr Central Park.
Et cette fois, la fin ne laisse présager qu'un nouvel opus, ou alors Maureen Johnson est vraiment très cruelle !
Alors en résumé, les filles, allez-y vous ne serez pas déçues ! (Peut-être même les garçons mais j'en doute... Donnez-nous un avis masculin !)
Dès 13 ans mais pour les plus grandes ça marche aussi :)

Juju la Praline

"Suite Scarlett" & "Au secours, Scarlett !"  Maureen Johnson, traduit de l'anglais par Cécile Dutheil de la Rochère, éd. Gallimard Jeunesse, coll. SCRIPTO, 2010 & 2011

dimanche 2 janvier 2011

Le temps où nous chantions

Comment dire ? Ce livre est tout simplement... génial, au sens premier du terme.
Foisonnant, il nous embarque à travers un demi-siècle d'histoire des Etats-Unis, au coeur de la lutte pour les droits civiques par le biais d'une famille "mixte". Tout commence en 1939, lorsque se rencontrent Delia Daley, une jeune femme noire et David Strom, un juif allemand fuyant le nazisme.
C'est avec leur passion pour la musique qu'ils tentent de préserver leur amour malmené par la bienséance et d'élever leurs trois enfants au milieu de cette grande cacophonie américaine.


Jonah, l'aïné embrasse une carrière de ténor, accompagné par son cadet Joseph au piano, tandis que Ruth, la benjamine, s'engage aux cötés des Black Panthers. Joseph, le narrateur, essaye tant bien que mal de garder cette famille soudée malgré les drames qui viennent jalonner leur existence.
Je ne peux pas en dire plus sans m'embarquer dans des dizaines de pages qui n'auraient aucun intérêt, il faut lire ce livre extraordinaire où l'on croise Einstein (David Strom est physicien) , Martin Luther King, Rodney King et bien d'autres, où l'on est happé par la violence des émeutes raciales qui déchirèrent l'Amérique, mais surtout où l'on s'attache au destin d'une famille dont les membres sont des personnages emprunts d'une humanité rare. Et puis surtout, chaque page respire la musique, classique, ancienne, jazz, soul, rap... La musique se place ici comme un enjeu identitaire majeur et est présente à chaque instant de ce roman-fleuve, roman-torrent même.

"On sort de ce fleuve ému, bouleversé et admiratif : sans jamais écrire un roman politique, ni polémique, Richard Powers a décrit, à voix feutrée, l'échec définitif d'un idéal." Christophe Mercier

Ce roman est un monument qui plaira aux gros lecteurs (1046 pages en petits caractères bien serrés) et aux amoureux de l'Histoire et de la musique, mais aussi à tous ceux qui aiment se laisser embarquer dans un fleuve qui emporte tout sur son passage. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, et j'étais avide de poursuivre les "aventures" de cette famille singulière qui me hantera encore pendant un petit bout de temps, on ne sort pas intact de cette lecture.

Julie

"Le temps où nous chantions" Richard Powers, traduit de l'américain par Nicolas Richard, Le Cherche Midi, 10/18 pour la version poche, 2006 et 2008