mercredi 22 mai 2013

Mon père est une saucisse

Dans la famille de Séraphine, je demande le père.
Cet expert-comptable en a sa claque de compter les sous des autres pendant que sa superwoman de femme sillonne la planète pour décrocher des contrats au nom de l'entreprise familiale "Sucre", héritée du patriarche à son départ en retraite. 
Sur un coup de tête, il plaque son ennuyeux boulot pour se lancer dans une nouvelle carrière: comédien.
Et contre toute attente, il décroche quasi immédiatement un rôle, celui d'une saucisse "Knackou" (on ne va pas faire de la pub pour des saucisses en plastoc quand même !).
J'aime autant vous dire que sa femme est loin d'être ravie... Quant à ses trois enfants, ça les fait plutôt marrer au départ, jusqu'à ce que Séraphine soit embrigadée un peu malgré elle dans les délires de son père...


Ce petit roman est vraiment sympathique, plein de folie douce et d'humour.
Agnès de Lestrade est très douée pour pointer avec beaucoup de tendresse les bizarreries des familles en apparence normales.
A savourer sans modération !
Pour les 8-11 ans.
Julie.

"Mon père est une saucisse", Agnès de Lestrade, Dacodac, Le Rouergue

mercredi 15 mai 2013

Photoschopées - Les images disent-elles la vérité ?

Actes Sud Junior nous offre à nouveau une petite pépite docu !
Après leur très beau "Prises de vue - Décrypter la photo d'actu" , David Groison et Pierangélique Schouler reviennent avec Photoschopées pour nous dévoiler les manoeuvres plus que courantes de retouche-manipulation d'images dont les médias nous inondent.


Ces petits livres souples 18 x18 cm regorgent d'informations passionnantes sur les pratiques douteuses (ou pas !) du photojournalisme. Photochopées, décode ces pratiques, depuis les premières manipulations-photo répertoriées dans l'histoire avec le changement de corps d'Abraham Lincoln (photos à l'appui !) aux pratiques actuelles et à leurs motivations . Quant à Prises de vue, il décrypte les outils photographiques techniques utilisés pour la photo d'actualité, qui au-delà de son impact immédiat, témoigne d'une prise de position, d'un regard subjectif: celui du photographe.




Ces petits livres sont précieux pour apprendre à affûter son esprit critique et à ouvrir l'oeil face aux informations visuelles diffusées dans les médias.
Indispensable, passionnant !
Pour tout qui s'intéresse un peu à la photo, à l'info, aux systèmes de "propagande", à l'actualité... Bref, pour tous les curieux dès 13-14 ans.

                                                                                                                      Julie.

"Photochopées" & "Prises de vue", David Groison et Pierangélique Schouler, Actes Sud Junior

300, la BD

Le fracas des armes résonnent encore entre les parois des Thermophyles. Une odeur âcre et sirupeuse m'enveloppe. Le sang et la sueur se mélangent. Le sang. La mort. Mes muscles se contractent je prends ma lance et mon bouclier. Je regarde mes frères succomber, la douleur dans leurs yeux. Le temps s'arrête. Un cri s'échappe de ma gorge alors qu'une flèche me transperce le flanc. Mes genoux me lâchent. Ma vision se brouille. La dernière image que j'emporte avec moi est celle de mon roi Leonidas marchant sur les cadavres d'innombrables ennemis.

Quoi? Ce n'était qu'un rêve?

!!!!!Attention!!!!!! moment culture:

L'armée du grand Xerxes marche sur la Grèce. Elle représente la plus grande armée jamais constituée. Le roi Leonidas s'avance avec 300 Spartiates. Son but: empêcher l'armée ennemie d'aller plus avant. Folie? Que nenni (comme on dit chez nous)! La valeur des soldats spartiates n'est plus à prouver. La bataille historique des Thermophyles vient de commencer...

Frank Miller (Sin City, Batman The Dark Knight Returns,...) signe ici un de ses plus grands scénarios. La narration est tout bonnement parfaite. Mise en abîme, rebondissement, flashbacks. Le tout très bien dosé. Et l'illu, me direz-vous? Elle nous plonge dans l'univers créé par Miller avec une facilité déconcertante. Les tableaux se succèdent, les soldats sont très reconnaissables malgré le fouilli des batailles. Les paysages rougeâtres et glauques remplissent leur rôle à merveille. La dernière scène (surtout) m'a laissé une forte impression. De plus le format (à l'italienne) est idéal pour les plans larges des batailles ce qui rend le tout sublime.

Je ne parlerai pas de l'adaptation cinématographique car je ne m'en rapelle pas bien. Pour info: 300 a été réalisé par Zack Snyder en  2006. Une suite est programmée pour cette année. Nous verrons bien!

A partir de 15-16 ans! Plus tôt si les enfants sont avertis car c'est gore!

Max.

300, Franck Miller et Lynn Varley, Rackham

vendredi 10 mai 2013

Les désatreuses aventures des orphelins Baudelaire t.1 Tout commence mal...

Les enfants Baudelaire, car c'est ainsi qu'on les nomme au début de l'histoire, sont tranquillement en train de jouer sur une plage lorsque Mr Poe, un ami des parents, vient leur annoncer la terrible nouvelle : leurs parents ainsi que la maison familiale ont disparu dans les flammes. Voici que commencent les mésaventures des orphelins Baudelaire. Mr Poe exécuteur testamentaire est en charge des enfants jusqu'à ce qu'il trouve un parent qui pourrait les accueillir. Les orphelins étant tous mineurs, Mr Poe veille sur la fortune des enfants. Car ils sont riches, très riches. Et cette fortune va attiser toutes les convoitises. Notamment celle du Comte Olaf, un ignoble personnage à qui l'on confie finalement la garde des enfants. Ces derniers vont devoir faire preuve d'imagination (et ils en ont) afin de déjouer ses plans.


La particularité de cette histoire, c'est qu'elle se veut désastreuse (comme dit le titre) de bout en bout. Ca commence mal et ça finit mal (enfin plus ou moins). Mais si vous penser entrer dans une histoire glauque façon Dickens vous vous trompez de chemin. Certes, le point de départ n'est pas réjouissant mais le ton choisi par l'auteur/narrateur est on ne peut plus amusant. Il s'adresse au lecteur en commentant l'histoire, en expliquant parfois une expression qu'il va utiliser, etc. L'univers dans lequel évoluent les enfants possède sa propre ambiance. En effet, l'action se situe , je suppose, au début du 20ème siècle, dans un monde qui semble plutôt réaliste, mais dans lequel les personnages ont un côté comique qui frôle l'absurde tant ils sont maniérés et surfaits. Le tout est savamment mélangé par l'auteur pour nous offrir une belle aventure. Un vrai coup de coeur! Il ne me reste plus qu'à lire les douze autres tomes de la série.
A partir de 11-12 ans, 10 ans bons lecteurs!

Max

"Les désatreuses aventures des orphelins Baudelaire t.1 Tout commence mal... ", Lemony Snicket, Nathan

mardi 7 mai 2013

Tueurs de mamans 1


Que celui qui n'a jamais rêvé d'étrangler sa mère jette la première pierre...
Nos cinq héroïnes qui forment le club des Nonettes ne dérogent pas à la règle. Ces cinq ados de 16 ans vivent toutes sans papa (règle numéro 1 pour faire partie du club), voire avec deux mamans. Des mamans qui évidemment, malgré toute leur bonne volonté, tapent sur le système de leurs fifilles en crise, comme tout bon ado qui se respecte.
Alors quand ces demoiselles découvrent un site internet qui propose d'infliger des châtiments choisis par les commanditaires, elles se frottent les mains, voilà la bonne aubaine pour se venger de leurs pénibles mômans.
C'est parti, chacune commande un châtiment approprié à leurs frustrations vis-à-vis de leur mère: on démarre "gentiment" avec un gavage par choux de Bruxelles, puis on continue avec une bonne grosse gifle, et c'est là que tout dérape, et bardaf, c'est l'embardée...
La situation leur échappe, impossible de faire marche-arrière..


Voilà une BD haletante, qui met légèrement mal à l'aise, et qui nous renvoie tous à nos sombres pensées.
C'est assez trash, à la hauteur de la colère de ces demoiselles, qui ne tarderont pas à s'en mordre les doigts.
Vivement la suite, dont la parution est prévue pour juin 2013.
Âmes sensibles, s'abstenir.
Et j'en profite pour souhaiter une bonne fête à toutes les mamans !
À partir de 14-15 ans.

                                                                                                 Julie.

"Tueurs de mamans 1"- Zidrou, Ers, Borecki, Smulkowski -Ed. Dupuis

lundi 14 mai 2012

La mémoire de l'éléphant

Pourquoi un éléphant ne se trompe-t-il jamais? Parce qu'il a une mémoire d'éléphant pardi! (Remarquez les jeux de mots malins...)



La mémoire de l'éléphant est une encyclopédie. Mais pas au sens classique du terme. Nous allons suivre Marcel qui se rappelle de sa vie passée. Le plus souvent nous aurons droit à une page avec Marcel et en vis à vis une page plus encyclopédique. Nous allons découvrir les origines de certains vêtements, instruments de musiques, gratte-ciels,... Beaucoup d'informations sont données d'un coup mais cela reste super agréable à lire grâce à l'histoire nostalgique de Marcel. Et puis c'est beau! Je vous avais déjà dis que c'était beau? Les graphismes légèrement rétros ont un charme fou! En tout cas moi ça m'a fait de l'effet. Un livre rare ( dans le genre) et précieux à consulter absolument! Dès 10-11 ans

Max.
La mémoire de l'éléphant, Sophie Strady et Jean-François Martin, Hélium

lundi 23 avril 2012

Trajan

Un jeu pour les vrais, pour les durs, pour les.... non ça va la j'm'enfonce!


Trajan est un jeu de société pour ceux qui aiment la stratégie. En effet, la multitude de possibilités dans le choix des actions à faire est tout bonnement ahurissante. Il y a mille façons de remporter des points de victoire (encore, eh oui je sais). Acheter des politiciens au sénat, obtenir des bonus ou des denrées au forum, conquérir des régions, récupérer des cartes trajan (mini-objectifs à résoudre pour obtenir des points de victoire ou des denrées ou d'autres choses encore), passer par le port pour obtenir des points, et j'en passe. Mais ce n'est pas ça qui fait tout le sel de ce jeu. En effet qui dit stratégie, dit préparer ses coups à l'avance. Et pour cela, l'auteur, Stefan Feld (Les piliers de la terre jeu pour 2, Au nom de la rose), nous a concocté un système ingénieux copié sur l'awalé.  Des petits plots de couleurs à disposer dans des écuelles afin de réaliser les cartes trajan mais également de tomber en dernier lieu sur l'écuelle qui nous intéresse pour faire l'action voulue. Pfiou! Un fameux programme en perspective! Malheureusement le jeu n'est pas encore dispo sur nos étals mais il ne saurait tarder. De plus, je sens poindre une nomination au Joker 2012... A surveiller de près donc!
Max.
Trajan, Stefan Feld, éditions Ammonit-Spiel et Gigamic de 2 à 4 joueurs à partir de 12 ans

vendredi 20 avril 2012

Le trône de fer

Le trône de fer ou Game of thrones (en anglais) est une série écrite par G.R.R. Martin.



Les temps sont sombres très sombres... L'hiver approche! Une menace mystérieuse et oubliée depuis des miliers d'année plane au nord du mur. Les enfants de l'ancien roi, le roi dément, n'ont qu'un désir : reprendre le trône de leur père et retourner chez eux, car ils sont en exil. Les machinations des courtisans, des membres du conseil privé du roi, la famille du roi elle-même complotent. Une famille se lève au dessus de la mêlée: les Stark. Ceux-ci, conduit par le père, Ned, ne sont que droiture et honneur! Un monde médiéval fantastique sombre où la politique, la corruption et les machinations prennent le dessus sur la justice et l'honêteté.
Avis aux lecteurs qui haïssent le fantasy. Ceci n'est pas une grosse daube! Voilà c'est dit!
En effet, l'écriture est difficile, alambiquée, faite d'énumérations en veux-tu en voilà. L'univers est clair, sans référence à d'innombrables hauts-faits passés. La figure paternel de Gandalf est totalement absente. (ouf!) Personne n'est sans faille. Tout le monde est humain même dans les atrocités les plus immondes. Un récit construit parfaitement car on sait que la phrase que l'on lit et qui semble inutile a peut-être toute son importance pour la suite. La magie et les phénomènes fantastiques sont distillés de façon à faire peur et cela reste occasionnel! Il faut juste parfois s'acrocher lorsqu'un paysan ou un quidam parle car au moyen-âge, y avait pas encore d'école... ( Je vous rapelle, qu'en Belgique, l'école est obligatoire!Avis aux brosseurs!Non mais!) N'oubliez pas de vous munir d'un dictionnaire car le vocabulaire est d'époque et criant de réalisme.

J'ai découvert cette série grâce à la télévision (mea culpa) car le livre a été adapté par HBO, grosse chaîne américaine. Mais ce n'est pas tout, cela fait plusieurs années que le livre est très connu : jeux videos, jeux de sociétés sont déjà dérivés de cette license, de cet univers.

Une vraie bonne découverte et très prenante même pour les anti-fantasy, comme ma chère et tendre (mmm) qui attend que j'aie terminé le bouquin pour sauter dessus! Pour adolescents en mal d'aventure ou pour les plus grands qui en veulent aussi!

Max.
Le trône de fer; l'intégrale vol.1 ( Le trône de fer, Le donjon rouge) , George R.R. Martin, éd. J'ai lu

mercredi 11 avril 2012

Aventuriers malgré eux Tome 1 : 1 yack, 2 yétis, 3 explorateurs

Bonjour à tous !
Après plusieurs mois d'absence, me voici de retour avec des tas de potentiels billets à poster, on verra bien si je reprends un bon rythme (ou pas...).
Voici donc LE livre qui m'a fait sortir de ma torpeur.


Celia et Oliver Nombril, une paire de jumeaux de onze ans, sont un peu remontés contre leurs explorateurs de parents. En effet, leur mère a eu le bon goût de disparaître trois ans auparavant en partant sur les traces des tablettes perdues de la bibliothèque d'Alexandrie. Ils vivent donc à New-York, au siège du Club des Explorateurs, avec leur père, qui les oblige à assister à tous les dîners, réceptions et rencontres d'explorateurs du monde entier venus conter leurs aventures. Et ça, c'est uniquement quand il ne les traîne pas aux quatre coins de la planète dans des expéditions excitantes, quitte à louper des semaines d'école . Chouette, me direz-vous. N'importe quel enfant serait ravi d'avoir cette chance là. Sauf que Celia et Oliver ne sont pas n'importe quel enfant. Leur seul et unique centre d'intérêt dans la vie, c'est de se coller devant la télé, et leur but ultime est d'obtenir le cable.
Alors, quand à la veille des grandes vacances (et des jours entiers de programmes télé en perspective), leur père les embarque une fois de plus dans une expédition douteuse au fin fond du Tibet suite à un pari, ils sont vraiment très fâchés. Seule consolation, si leur père remporte le pari, ils auront droit au cable, sinon, ils devront être au service de l'affreux Sir Edmund, et ce, pendant toutes leurs vacances jusqu'à leur majorité. Enorme enjeu !
C'est ici que démarre une fabuleuse aventure, pleine de rebondissements et d'humour, qui nous amène à rencontrer des yacks, des yétis, des sorcières empoisonneuses, j'en passe et des meilleures, et où les jumeaux Nombril devront faire appel à  leur connaissance encyclopédique de la télé, des soaps les plus mielleux aux émissions débiles, pour se sortir de situations extravagantes.
A mon sens, ce roman est une démonstration du livre parfait.
On ne s'ennuie pas une seule seconde. C'est l'aventure avec un grand A, un vrai régal de la première à la dernière ligne, et l'on rit énormément face à ces personnages singuliers, grognons et surprenants.
Un véritable coup de coeur, ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu un aussi bon bouquin pour cette tranche d'âge.
A lire sans aucune modération dès 9 ans (que les grands enfants n'hésitent pas non plus, ça vaut vraiment le coup !).
Ah oui, une deuxième aventure est prévue pour l'automne, je me réjouis déjà :)

                                                                                                                                              Julie.

"Aventuriers malgré eux tome 1", C. Alexander London, traduit de l'anglais par Valérie le Plouhinec, ed. Les Grandes Personnes

mardi 10 avril 2012

David Bowie

Un grand homme ce monsieur, je dirais même des grands hommes, en ce qui le concerne.

Car oui, cet homme, David Jones (car tel est son vrai nom) a pris plusieurs personnages pour faire évoluer sa vie et sa musique. Dans ce grand livre, Jeff Hudson nous raconte la vie de cet artiste déjanté, excessif et créatif. J'ai pris un plaisir fou à survoler son histoire que ce soit grâce aux textes ou aux photos représentant des concerts, galas ou que sais-je encore. Le seul élément un peu dommage, c'est que l'on ne se représente pas bien la chronologie des éléments car les photos et annotations qui les accompagnent ne sont pas toujours en adéquation avec le texte principal. Mais bon, toute chose ne peut être parfaite (je suis grand prince!! héhé) et cela ne gache en rien la lecture de ce beau livre. Pour tous les amateurs de sir Bowie (oui oui, je viens de l'adouber!) à lire sans retenue.
Max.
David Bowie, Jeff Hudson, Place des Victoires